Très tôt Mumia assume son engagement politique. En 1968, à l'âge de 14 ans, Mumia proteste (avec trois de ses amis) contre la venue de Georges Wallace à Philadelphie. Gouverneur d'Alabama et candidat à la présidence, Wallace était un farouche défenseurs des pratiques ségrégationnistes... Mumia sera tellement battu par la police, qu'à l'hôpital sa mère passera devant lui sans le reconnaître. Suite à cet incident, Mumia se dirige vers le Black Panthers Party et participe à la mise en place d'une section du BPP à Philadelphie. Mumia devient Ministre de l'information et occupe le poste de rédacteur en chef au journal local du Party. L'année suivante Mumia prend part à une campagne pour rebaptiser son lycée (Benjamin Franklin) en Malcolm X High School. C'est à cette époque que le FBI (Federal Bureau of Investigation), alerté par l'événement, ouvrira un dossier au nom de Mumia. Mumia Abu-Jamal participe activement au développement de la section du Party, en tant que rédacteur il se "spécialise" dans les agressions policières (fréquentes à Philadelphie) et les atteintes aux droits constitutionnels des minorités raciales et sociales. Au cours de l'été 1969, Mumia participe à la rédaction du journal national des Black Panthers à Oakland - Californie (ville d'origine des Panthers). Mumia restera 3 ans au sein des Black Panthers.
The Voice of the voiceless
En 1970, Mumia devient chroniqueur et journaliste pour de nombreuses radios (National Black Network,Mutual Black Network, National Public Radio, Associated Press, Radio Information Center for the Blind). Reconnu par ses pairs, il devient responsable de l'Association des journaliste noirs de Philadelphie, et fait la Une du Philadelphia Inquirer. Cette même année, le FBI ajoute le nom de Mumia Abu-Jamal au National Security Index, ainsi qu'à la liste des personnes à interpeller en priorité en cas d'urgence national (ADEX). Parallèlement aux interviews de personnalités telles que Julius Erving, Bob Marley, Alex Haley, et la couverture d'événements importants (venue du Pape, intervention du Révérant Jesse Jackson), Mumia continue de dénoncer la corruption, les abus de la police de Philadelphie et de son chef Franck Rizzo, en donnant la parole aux gens de la rue, ce qui lui vaudra le surnom de Voice of the voiceless - la Voix des sans voix.
Fidèle à ses principes, Mumia donne la parole aux membres de MOVE, organisation communautaire écologique prônant le respect de la Vie sous toutes ses formes. Le 8 Août 1978, Mumia couvre le siège de la maison de MOVE (Powelton Village - Philadelphie ouest) par la police de la ville. En janvier 1981 Mumia est désigné comme "une personnalité à suivre" par le journal Philadelphia et se voit remettre un prix par la Corporation for Public Broadcasting. Mais ses reportages et ses prises de positions en faveur de Move, parfois censurées, sont vivement critiqués par les radios pour lesquelles il travaille. Plutôt que de céder aux pressions et remettre en question son éthique journalistique, Mumia devient journaliste indépendant et prend un second emploi : chauffeur de taxi de nuit...
live from death row par abu jamal
Mumia Abu-Jamal n'est pas condamné à mort parce qu'il a tué un homme. La vérité est ailleurs. D'abord, s'il avait réellement tué un homme, comme la "justice" américaine le prétend, il serait déjà sorti de prison. En effet les meurtriers, aux États-Unis, sont incarcérés pendant neuf ans en moyenne, et Mumia est en prison depuis plus de seize ans
Mumia est innocent, il faut le dire et le redire.
Son procès, truqué de bout en bout, fut une parodie de justice : témoins subornés, pièces manquantes, expertises bâclées, inexistantes, voire falsifiées. Et, enfin, les aveux du véritable meurtrier. Rien n'y fait. Le système US veut " faire frire le nègre ", comme l'a dit si cyniquement le juge Sabo dans les coulisses du procès. Mais pourquoi donc cet acharnement à vouloir éliminer Mumia ? Son passé de militant de la cause des droits civiques est une première explication. Le fait que, malgré les brimades dont il est l'objet au quotidien, il continue à écrire et à témoigner depuis sa cellule pour dénoncer les injustices sociales et raciales, la corruption et les brutalités de la société américaine en est une autre. Cette voix qui nous dit qu'un autre monde est possible est jugée insupportable par les dirigeants américains. Enfin, son combat pour l'homme et pour la vie en ont fait LE symbole de la lutte contre la peine de mort. Raison de plus pour le faire disparaître !
mumia site perso