la commission d'enquete (récente ,2001)visant a faire lumière sur la mort de lumumba, bien entendu, lancée par la belgique, malgré les preuves, ( ex : la commission estime que le terme d'élimination définitive de Lumumba, trouvé dans un télex du ministre des affaires africaines, ne signifie pas que la Belgique complotait) "la belgique n'a qu'une responsabilité moral dans l'assassinat de lumumba..."....
rafraichissons nous la mémoire:
Une nuit de janvier 1961, deux officiers belges se livrent à ce qu'il est convenu d'appeler une "sale besogne". Ils achèvent de découper un corps en morceaux qu'ils jettent dans un fut d'acide afin de le dissoudre. Le crâne n'étant pas dissous sera réduit en poudre et dispersé. Un des officiers, le belge Gerard Soete, déclarera avoir conservé un doigt et une dent en or provenant de la victime. Le corps est celui de Patrice Emery Lumumba, premier ministre élu depuis 6 mois du Congo nouvellement "indépendant". Sa mort signe la descente aux enfers d'un pays, le Zaire, dont l'étendue et les richesses minières et minérales en font un "scandale géologique".
Mi septembre le colonel Mobutu qui effectue là son premier coup d'Etat "neutralise" le gouvernement,( qui est remplacé par des "commissaires") jusqu'au 31 décembre. En octobre, la résidence de Lumumba est encerclée et il est maintenu en résidence surveillée. Fin novembre, Lumumba essaye de s'enfuir afin de gagner Stanleyville alors aux mains de ses partisans. Il ne réussit pas et est rattrapé par les soldats de Mobutu, frappé et molesté en présence de troupes ghanéennes de l'ONU, qui restent impassibles sur ordre de leurs supérieurs. Lumumba est détenu à Tsyville en compagnie de joseph Mpolo et de Maurice Okito. Mi janvier, ils sont transférés à Elisabethville, aux mains de leur ennemi numéro un Moise Tschombé. Les trois hommes sont abattus d'une rafale de mitraillette par des militaires katangais en présence de trois officiers de nationalité belge après avoir été torturés.
Presque 40 ans après les faits, le témoignage du militaire belge Gerard Soete expliquant comment le corps de Lumumba fut découpé et dissous par lui et quelques autres personnes qui l'assistaient dans sa tâche macabre, puis le livre (paru en 2000) du sociologue belge Ludo de Witte sur l'assassinat de Lumumba soulevèrent tant de réactions que le parlement belge décida d'ouvrir une enquête destinée à évaluer la responsabilité de la Belgique dans la mort de Lumumba.
Ce rapport aboutira à une déclaration du gouvernement belge le 5 février 2002 :
"A la lumière des critères appliqués aujourd'hui, certains membres du Gouvernement d'alors et certains acteurs belges de l'époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba. Le Gouvernement estime dès lors qu'il est indiqué de présenter à la famille de Patrice Lumumba et au peuple congolais ses profonds et sincères regrets et ses excuses pour la douleur qui leur a été infligée de par cette apathie et cette froide neutralité."
Le rapport mentionne les obstacles dressés sur la route de Lumumba par la Belgique : encouragement de la sécession kantagaise, grandes sociétés minières payant leurs impôts au "gouvernement" secessioniste au lieu du gouvernement central de Lumumba, fonds secrets de 6 millions d'euros actuels votés pour les actions de destabilisation (livraison d'armes, tentatives d'enlèvement, préparation d'attentats...), propos du ministre belge des affaires étrangères de l'époque "il faut mettre Lumumba hors d'état de nuire". Bien que les députés, désireux d'obtenir un consensus, ne se soient pas avancés sur la responsabilité politique des autorités de l'époque, leur travail est d'une grande honnêteté intellectuelle et a abouti à la reconnaissance officielle de la responsabilité "morale" belge dans l'assassinat de Lumumba.
Côté américain, le rôle de la CIA était mentionné depuis bien longtemps et est confirmé par un article du Washington Post de juillet 2002 faisant référence à des archives américaines déclassifiées : "la CIA travailla avec un groupe de huit Congolais au sommet de l'Etat et à qui elle paya des sommes importantes et qui jouèrent tous de grands rôles dans la chute de Lumumba. Il s'agit notamment du Président Kasa-Vubu, de Mobutu (alors chef d'Etat-Major de l'armée), du ministre des affaires étrangères Justin Bomboko, d'Albert Ndele, du président du senat Joseph Lleo et de Cyril Adoula...". En novembre 1960, elle a fourni des moyens matériels aux soldats de Mobutu (armes, munitions, matériel de sabotage...).
Plus de 40 ans après sa disparition, les circonstances de la mort de Patrice Lumumba sont donc largement connues. Si le courage de la Belgique de s'attaquer à son passé colonial peut être salué, on peut se demander dans quelle mesure cette action marque de nouvelles relations entre ex puissances coloniales et ex colonisés. Ajoutons à cela que le Congo-Zaïre ne s'est jamais remis de la mort de son leader, le seul démocratiquement élu. Que serait devenu l'un des pays les plus vastes et les plus riches d'Afrique avec un homme intègre à sa tête ?