L'ANÉANTISSEMENT DES NOIRS
La destruction de ces millions de Noirs, 400 à 600 millions [ L.M. Diop-Maes, « Afrique Noire, Démographie, Sol et Histoire » et d'après "Histoire Générale de l'Afrique" (édité par l'UNESCO) et surtout pas 15 à 20 millions comme le disent les descendants des bourreaux ], femmes, hommes et enfants, sacrifiés parce que noirs, n'est jamais entrée dans la mémoire occidentale. A l'aube du XXIe siècle, les Noirs continuent d'espérer et de demander que justice soit rendue aux victimes de la suprématie blanche, c'est-à-dire qu'on leur reconnaisse leur humanité et, en conséquence, le crime contre l'humanité dont ils furent victimes. Au mois d'avril 1998 aucun membre du gouvernement français n'était prêt à reconnaître que la traite et l'esclavage étaient un crime contre l'humanité. Constitue un crime contre l'humanité, tout homicide ou acte de nature à entraîner la mort, commis en temps de guerre comme de paix, à l'encontre d'individus ou de groupes d'individus, en raison de leur race, de leur nationalité, de leur religion ou leurs opinions. Contrairement à ce qu'avaient retenu les juges de Nuremberg (jugement des criminels nazis) le crime contre l'humanité est perpétré non seulement pendant la guerre, mais aussi en temps de paix, comme il est indiqué dans la Convention internationale sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, adoptée par l'assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies le 26 novembre1968. Le CODE NOIR, qui régit la chosification du Noir et qui a plus d'un siècle de vie macabre en 1789, n'est pas aboli, mais surtout le préambule et les 17 articles de la célèbre Déclaration du 26 août 1789 ne consacrent aucun mot à l'esclavage ! Et pourtant, ce fut le Grand Siècle, le Siècle des Lumières ! Ces lumières, comme l'écrit Louis Sala-Molins, "affairées à traquer tous les préjugés ... sauf un : l'esclavage des Noirs, la bestialité des Africains". Incontestablement, Jules Ferry a raison de dire que la Déclaration de 1789 "n'a pas été écrite pour les Noirs de l'Afrique Équatoriale ".
L'IMPACT L'impact consistait à incendier les villages des Noirs la nuit. Les survivants étaient capturés. Les Blancs supprimaient les humains non rentables ou pas en mesure d'effectuer la marche jusqu'au lieu d'embarquement (bébés, vieillards, handicapés, femmes enceintes ).
CAPTIFS Des dizaines de milliers de "captifs" périssaient tout au long du premier trajet : de la localité d'arrestation ( par exemple leur village ) au lieu d'embarquement ( par exemple à Gorée )
DETENTION La mortalité sur les lieux de détention est énorme. ( des millions ) Par exemple à Gorée entre le XVIe et XIXe siècle, plus de 6 millions périrent à la suite de brimades, de privations et de divers actes inhumains. ( J.M. Mbemba, " L'autre mémoire du crime contre l'humanité " )
DEPORTATION Des millions de décès sont survenus au cours de la déportation des nègres. Les noirs trop nombreux et enchaînés, ne peuvent se mouvoir sur le navire. ILs étaient mal habillés. Ils n'avaient presque pas d'eau. Ils dormaient tout nus comme des animaux et mouraient dans l'abandon complet...Ils étaient entassés comme des sardines en boîtes. Ainsi beaucoup de Noirs tombaient malades et mouraient.
LES SURVIVANTS Les survivants du voyage étaient à nouveau triés. Les malades étaient exécutés.
EXEMPLE 1
Pendant le voyage qui dure un mois : " IL y a des maîtres qui pour se voir délivrés de l'incommodité et de la mauvaise odeur des Noirs moribonds, les laissaient jeter à l'eau presque vivants. " " J'en ai vu quelques-uns qui agitaient leurs mains au-dessus de l'eau. " " IL y eut sur ce petit navire beaucoup de passagers qui, quand les esclaves étaient malades, les battaient cruellement avec des cordages." ( Lettre du Révérend Père Tavarès, témoin oculaire ; le 29 juin 1638 )
EXEMPLE 2
" La plupart du temps, on part pour surprendre le village à la pointe du jour ou à la tombée de la nuit, alors que les habitants sortent à peine du sommeil ou vont s'y plonger..... Deux ou trois obus suffisent pour incendier le village..." "En un clin d'½il la colonne a cerné le village et de quelque côté qu'ils se dirigent, les malheureux trouvent devant eux un cercle de fer et de feu". "Des femmes nues, et dont la chevelure grésille sous les tisons, courent, leur nourrisson dans les bras, en jetant des cris de terreur des enfants les suivent, épouvantés, s'accrochent à leurs cuisses, à leurs seins qui ballottent ; nus aussi, les hommes vont plus vite tous avec l'espoir de se sauver." " Mais devant eux se dressent les canons des fusils étincelant au soleil levant. Les uns, d'ordinaire les femmes et les enfants, s'arrêtent regardent, désespérés, l'arme terrible et résignés comme le cerf dans la clairière, reçoivent la balle, tournoient sur leurs pieds brûlés et tombent, rendant leur âme innocente dans la douce clarté du matin." "Les hommes semblables au taureau devant la pique du toréador, rebroussent chemin et, redoublant de vitesse, essaient d'un autre côté. Et alors, on leur fait ce qu'en argot colonial on appelle la "chasse aux lapins". IL s'agit de pincer nos fuyards en demi-cercle, de leur couper la tangente en leur logeant un pruneau au bon endroit. " " Tout blessé qui respire encore est effroyablement achevé, non sans avoir été mutilé si c'est un homme, éventrée si c'est une femme." ( Vigné D'Octon, "La Gloire du Sabre" )
EXEMPLE 3
Morenas dénonce la "justice coloniale" : "Je ne veux point parler ici de ces malheureux qu'on fait rôtir dans un four ou qui ont été dévorés par des chiens ; ni des Noirs qu'on a fait périr de faim ou à coups de fouet, ou qu'on a fusillés pour se procurer un passe-temps ; ni de ces infortunés que des scélérats ont torturés en leur sillonnant le corps avec des torches enflammées ou en leur brûlant les parties naturelles avec un tison ardent. ( Joseph E. Morenas, "Précis historique de la traite des Noirs et de l'esclavage colonial" )
EXEMPLE 4
Un jugement du conseil supérieur de la Martinique a condamné, le 17 juin 1679, plusieurs nègres à subir l'amputation d'une jambe, plusieurs négresses à avoir le nez coupé et tous à être marqués d'une fleur de lys empreinte sur le front avec un fer rouge, pour avoir cherché à s'évader. Les juges déclarèrent, dans cet arrêt, avoir usé d'indulgence... ( Joseph E. Morenas, "Précis historique de la traite des Noirs et de l'esclavage colonial" ) ( "La Férocité Blanche" p. 57 )
EXEMPLE 5
Un jugement du Conseil supérieur de la Martinique condamna, le 20 octobre 1670, un Noir à avoir une jambe coupée puis exposée à la potence parce qu'il avait tué le bourriquet d'un Blanc ( Joseph E. Morenas, "Précis historique de la traite des Noirs et de l'esclavage colonial" )( "La Férocité Blanche" p. 57 )
EXEMPLE 6
Traitement des Nègres marrons de Colombie en cas de capture : Déchiqueté et tué par des chiens ou crucifié sur un grand mât après lui avoir coupé le pénis et (ou) tête décapitée puis traînée par une mule dans toute la ville.
EXEMPLE 7
Traitement des Nègres marrons au Surinam en cas de capture : ILs sont pendus par un crochet de fer leur traversant les côtes. Ou alors ils sont écartelés ou crucifiés.
EXEMPLE 8
Martinique en 1822 : Le Juge Davoust avait fait forger une grande hache pour couper les têtes et une petite pour couper les mains. IL se lassa de ses instruments trop expéditifs, et il fit un jour brûler seize Noirs, l'un après l'autre sur place publique du Lamentin, en présence de vingt mille Noirs, obligés à y assister. ( Victor Schoelcher, "Des colonies françaises" ) ( "La Férocité Blanche" p. 59 )
EXEMPLE 9
Saint-Domingue, dans les années 1780 : Un planteur nommé Marylis invita un jour plusieurs amis à jouer à la pétanque chez lui. IL choisit quelques Noirs parmi ses esclaves, les fit enterrer vivants jusqu'au cou pour pouvoir pointer sur eux. Les tuer tous, jusqu'au dernier, prit plus d'une heure.
EXEMPLE 10
Chargée de surveiller le bébé de Mme Hick (une femme blanche), une jeune fille noire de quinze ou seize ans s'était endormie et le bébé s'était mis à pleurer. Comme elle n'avait pas pris de repos pendant plusieurs nuits précédemment, elle ne l'entendit pas pleurer. Jugeant que la jeune fille ne bougeait pas assez vite, Mme Hick sauta de son lit, saisit un bâton de chêne près de la cheminée et brisa le nez et la poitrine de la jeune fille, mettant ainsi fin à ses jours ; ( Frederick Douglass, "Mémoires d'un esclave américain" ) ( "La Férocité Blanche" p. 64 )
EXEMPLE 11
Tortures à la Martinique : Le patient tout nu est attaché à un pieu proche de la fourmilière, et l'ayant un peu frotté de sucre, on lui verse à cuillerées des fourmis depuis le crâne jusqu'à la plante des pieds, les faisant soigneusement entrer dans tous les trous du corps. D'autres sont liés nus à des pieux aux endroits où il y a plus de maringouins, qui est un insecte fort piquant et crée un tourment au-dessus de tout ce que l'on peut sentir. A d'autres on fait chauffer rouges des lattes de fer et on les applique bien attachées sous la plante des pieds, aux chevilles, et au-dessus du cou-de-pied, tourment que ces bourreaux rafraîchissent d'heure en heure ; (Antoine Gisler, "L'esclavage aux Antilles françaises") ( "La Férocité Blanche" p. 64 )
EXEMPLE 12
Dans un bateau : Mme S.,(une femme blanche), est importunée des cris du bébé noir d'une négresse ( son esclave ). Elle saisit l'enfant par un bras, le tint sous l'eau jusqu'à ce qu'il fut noyé, et ensuite elle l'abandonna au courant. ( Isabelle et Jean-Louis Vissière, "La traite des Noirs au siècle des Lumières" ) ( "La Férocité Blanche" p. 67 )
EXEMPLE 13
Dans l'univers concentrationnaire d'Amérique, on dressait les chiens à boire le sang des Noirs et à se nourrir de leur chair ( "La Férocité Blanche" p. 74 )
EXEMPLE 14
La pratique qui consistait à décapiter un ou plusieurs Noirs et fixer leurs têtes au bout de pieux était rentrée dans les m½urs et dura aussi longtemps que le système lui-même. Certains maîtres prirent même l'habitude d'installer devant leur maison des piquets sur lesquels ils clouaient la tête de quelques Noirs sous prétexte de faire peur à ceux qui oseraient songer à s'évader. Cette habitude, nous la retrouvons en Afrique sous la domination coloniale. Certains fonctionnaires allaient jusqu'à peindre les têtes de leurs victimes par souci décoratif. ("La Férocité Blanche" p. 133)
EXEMPLE 15
Expédition punitive : "Beaucoup de femmes et d'enfants furent capturés et vingt et une têtes apportées aux chutes. Le capitaine Léon Rom s'en sert de décoration autour d'un parterre de fleurs devant sa maison." ("La Férocité Blanche" p. 133)